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    DU RIFIFI À LA MÉDIATHÈQUE CIMENDEF

     

     

    L’histoire pourrait s’écrire ainsi : un vigile, deux femmes, une médiathèque.

    Non, ce n’est pas une parodie des Césars (Basique !). Non, on n’est pas dans Vidéo Gag, ni même dans Le Gorafi (site d’information parodique). Cette image d’un vigile baraqué montrant ses muscles pour barrer l’accès d’une médiathèque à deux femmes (députées), est tout simplement stupéfiante, pour ne pas dire affligeante, à défaut de prêter à sourire. On a du mal à imaginer que cette scène surréaliste se déroule à La Réunion en 2018.

    L’image est violente dans tous les sens du terme, en raison du décalage au niveau visuel. D’un coté, la démonstration de la virilité, de la toute puissance narcissique, à travers l’impressionnante musculature ; de l’autre, des femmes qui ne sont pas censées « faire le poids ». Basique ! Nous ne sommes pas à l’entrée d’une boite de nuit, mais devant un lieu réservé à la culture : un sanctuaire.

    La scène renvoie à l’ère de l’obscurantisme, où les femmes n’ont pas accès à la culture, à quelques jours de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Ô Marlène Schiappa, si tu savais ! « Fanm i rente pas tér là ! »

    Là, où la situation vire à l’absurde, c’est lorsqu’elle se retourne en son contraire. On parle « d’agressions, d’actions violentes » ; violences passibles d’être traduites en justice. N’ayons pas peur des mots ! En même temps, le ridicule n’a jamais tué personne.

    Mon péi bato fou. Ou sa bann na i rale a nou ? La Réunion i marche su la tête. Quelle image véhicule-t-on auprès des jeunes en quête de modèles identificatoires ? Quelle image donne-t-on de La Réunion ? Ma grand-mère dirait : « Sa la pas la chiasse, sa ! »

     

     


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  • Dans mon bol de riz Basmati !

     

    Mes prévisions pour 2018

     

    Comme annoncé, grâce à mon bol de riz Basmati et ma branche bougainville, je prédis:
     
    #De l’eau, beaucoup d’eau dans la mer, la ravine, la rivière... Ceux qui prévoient de mettre de l’eau en bouteille, feront fortune. Ne me demandez pas pourquoi, c’est scientifique. Certains disent qu’il ne faut pas mettre bougainville dans la case : i fait bataille. Sans doute, à cause des épines ? Moi, ça me permet de dégager les ondes positives, des négatives. Par quoi commencer ?
     
    #La NRL prendra du retard, beaucoup de retard, à cause de la guerre des roches, des anguilles sous roches ; des recours multiples contre l’ouverture des carrières par des empêcheurs de rouler en rond, disent les mauvaises langues. Elle coûtera plus cher que prévu, n’en déplaise à l’émir du Qatar qui roule sur l’or avant de rouler sur l’eau ! Je ne vous fais pas un dessin.
     
    #Il fera chaud cette année, très chaud, plus chaud que l’année dernière, même si Donald Trump qualifie le réchauffement climatique d’invention des chinois. C’est vrai que les chinois ont inventé la poudre ; mais il ne faut pas tout leur mettre sur le dos non plus !
     
    #Band cochons ne chômera pas, car la nature souffrira un peu, beaucoup, passionnément, à la folie; quitte à finir par se venger. Parce que certains ne savent pas un lire un panneau d’interdiction, d’autres en raison de problèmes génétiques : le gène de la saleté de plus en plus répandu. Et puis, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, n’est-ce pas ?
     
    #L’embouteillage, mes amis ! Ça i manquera pas. Trop de l’auto, pas assez de route. L’automobiliste sans son l’auto, c’est comme un rougail tomates sans piment. Mon l’auto, mon bon dieu, après (ou avant) mon madame !
     
    #Le nombre de permis retiré augmentera de façon exponentielle, sous des motifs divers et variés : le chauffard n’avait plus de permis ; il a un peu trop abusé du rhum Charrette; il était pressé pou rentre sa case ; l’assurance i coûte trop cher ; le corps té bon avec le joint; un besoin pressant de téléphoner ou de texter (au choix) comme in l’envie d’pisser. Rayez la mention inutile !
     
    #Que de bonnes choses, je vous dis ! Ne pas oublier que la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres (ou vice versa) !

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  • LA TOUTE PUISSANCE PATRIARCALE

     

    VICTIMES PRÉSUMÉES COUPABLES

     

    Tandis que les victimes de violence sexuelles risquent une parole accusatrice, au bout de tant d’années de silence sous le poids de la honte, la peur, la culpabilité ; cette parole que l’on voudrait libératrice d’un trop de souffrance, est hélas toujours mise en doute, bafouée, reniée, piétinée ... comme le montre de manière spectaculaire, l’affaire Georges Tron.

    A la violence faite au corps, s’ajoute la violence des mots, ou comment rajouter de la souffrance à la souffrance ; comme si ça n’était jamais assez.

    Sham on you ! Taisez-vous, pauvres et folles victimes ! Ne voyez-vous pas que votre parole dérange l’ordre pré-établi d’une société solidement ancrée dans le patriarcat ? Pour bien vous le signifier, on va vous la décrédibiliser cette parole que vous pensiez salvatrice. Le système se sentant attaqué dans ses fondements les plus profonds, va entrer dans une résistance « folle ». Oui, folle ! N’ayons pas peur des mots. Le sort d’un honnête homme (pour qui un non-lieu avait été requis) est en jeu.

    L’institution judiciaire exige des preuves, des détails crus, cruels. Plus c’est sordide, plus c’est jubilatoire ! Qu’importe les larmes, le désespoir, la sidération (mécanisme pourtant connue depuis 1914), il est impérativement demandé aux victimes de se justifier, sans ménagement. Quand les justifications ne suffisent plus au voyeurisme, des jugements de valeur sont portés sur leurs attitudes, leurs comportements : humiliations suprêmes qu’on jurerait teintées de sadisme, encourageant de ce fait, la défense au summum de la surenchère dans la théorie du complot.

    In fine, le procès n’a pas eu lieu ; les victimes sur-victimisées, abandonnées à leur triste sort ; un blanc-seing accordé aux prédateurs qui peuvent continuer leurs forfaits en toute impunité, car protégés par la loi.

    Même si les violences faites aux femmes ont été instituées : « Grande Cause Nationale », ce n’est pas demain que les victimes seront entendues, reconnues en tant que telles. Comment se reconstruire dans ces conditions ? Le temps de former les professionnels (police-justice, etc) au psycho-traumatisme - encore faut-il être réceptifs, abandonner le sentiment de toute puissance pour laisser place à un peu d’humanité - la honte, la culpabilité ne changera pas de camp.

     

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  • Article de FEMME MAGAZINE - RÉUNION

    Ras le sein !

    Ras le sein !

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  • Chapitre 1. Matraquage et propagande !

     

    Ras le sein ! Sommes-nous des cobayes?

     

     Chaque année, le mois d’octobre est dédié aux femmes – plus spécialement aux femmes touchées par le cancer du sein, ou susceptibles de l’être. Grandes marques, sponsors, associations de tous bords virent au rose bonbon. Rien n’y échappe, de la bouteille d’eau à la lingerie en passant par le paquet de thé et les burgers. Rose jusqu’à l’écœurement. Rose jusqu’à l’overdose. Une vaste campagne de pub et de recrutement est lancée. Le slogan est simple et hyper racoleur : nous sommes toutes concernées ; luttons toutes ensemble en arborant fièrement notre joli ruban de cette couleur « féminine » par excellence !

    En entendant une responsable médicale vanter face caméra les mérites de « la chasse aux cancéreuses », l’on ne peut s’empêcher de les sentir quelque peu stigmatisées. Pourquoi pas la chasse aux sorcières ? Toutes au bûcher ! Octobre est aussi le mois d’Halloween, ça tombe bien…

    Nous voilà marquées au fer rouge, devrais-je plutôt dire au fer rose ? Stigmate apposé sur des femmes aux prises avec la souffrance, et qui leur rappelle un peu trop la fichue maladie qu’elles préféreraient oublier l’espace d’un instant. Car pour la plupart des cancéreuses, cet octobre rose est loin d’être une fête, même si le moindre détail est pensé pour leur faire croire qu’elles sont le centre du monde, l’objet de toutes les attentions. Ainsi roule le charity business, avec ses dons à finalités opaques et ses ventes de tout et n’importe quoi, pourvu que ce soit enrubanné de rose.

    Au sein – c’est le cas de le dire – de cette bataille médiatique hyper lucrative, le groupe prime sur l’individu. « On lutte pour la cause ! » m’a déclaré le bénévole d’association auquel j’avais lancé mon premier SOS. Une Grande Cause qui nous dépasse et qui me hérisse de par son caractère impersonnel, finalement dépourvu d’humanité. Moi, je refuse que l’on m’assimile à une cause, si belle soit-elle. Je prétends être une personne à part entière, qu’on se le dise, et je n’entrerai pas dans votre jeu !… N’empêche, je ne suis qu’une goutte rebelle dans la marée rose qui déferle, implacable.

    Au nom de La Cause, au nom de la rose, on exhorte les femmes (enfin, celles qui peuvent tenir debout) à participer à une course en compagnie de leurs familles (si elles en ont) et de leurs amis (si elles en ont)… Celles qui sont isolées n’ont qu’à courir toutes seules ! C’est un devoir quasi religieux, la grand-messe à ne manquer sous aucun prétexte, à moins de vouloir se risquer à encourir un autre genre de stigmatisation.

     

    Et le grand déballage commence. Actrices, chanteuses déjà passées par ce drame sont encouragées à s’investir en exposant dans les magazines leurs seins agressés, mutilés. C’est fait pour choquer, bien entendu, pour interpeller, marquer les esprits ; bref, pour faire le buzz.

    Aucune gaminerie ne nous est épargnée, y compris les chaînes à partager et le concours de grimaces. Sans pudeur, sans complexes, n’hésitons pas à dévoiler sur Facebook ou Instagram la couleur de notre soutien-gorge, de notre string. Amusons-nous comme de petites folles à ce jeu de devinettes : « Je suis cerise. Je suis prune… Et toi ? » Il s’agit de battre un record digne du Guinness Book, dans le but puéril d’épater les hommes qui peinent à déchiffrer ces énigmes.

    Avant d’être « touchée », je trouvais déjà tout cela profondément débile. N’en déplaise à une copine (non touchée) qui voyait en cette démarche un moyen d’exorciser le mal. Elle n’en revenait pas de ma mauvaise volonté quand je lui disais que ce cirque ne fait pas avancer les choses, et en vérité, n’aide personne. Les cancéreuses semblent plutôt servir de prétexte à de juteuses opérations, médiatisées à outrance, qui profitent peu à la recherche tandis que les sponsors, eux, se frottent les mains ! L’on ne peut s’empêcher de penser – et pas seulement à cause de la couleur –, à ce que les Anglo-Saxons nomment pinkwashing : autre genre d’exploitation éhontée d’une « différence » que l’on feint de promouvoir avec sympathie et solidarité, en vérité dans un but politique ou commercial. Comme si le meilleur moyen de ne pas stigmatiser les gens, ce n’était pas plutôt de les traiter comme tout le monde.

     

    Octobre, mois des super promos sur les mammos. Le marketing de la peur se met en branle, puissant ouragan qui annihile toute velléité de résistance. « Si tu ne te fais pas dépister, tu vas mourir ! Ce sera trop tard ! » Ce discours moralisateur, qu’on jurerait teinté de sadisme, agit comme un électrochoc et laisse peu de place à la prise de recul. Il culpabilise, infantilise, terrifie. À l’ère du diktat de l’émotion, de la scénarisation de la souffrance, personne ne peut décemment rester de marbre face à cette noble machine qui s’emballe, suscitant un phénomène d’identifications en chaîne.

    Le cancer du sein s’attaque au symbole de la beauté, de la féminité, de la sexualité, de la maternité. C’est le seul qui passionne le public tous sexes confondus, le seul que l’on peut évoquer de façon presque poétique. On imagine mal le cancer de la prostate provoquant autant d’émoi : peu flatteur pour l’image de la virilité, ce dépistage-là n’est pas vendeur. De même, songerait-on à affubler les gens d’un ruban marron pour prôner la prévention du cancer colorectal ? Pas très glamour, tout cela.

    Et puis, le cancer du sein frappe notre entourage, nos proches : qui n’a pas ou n’a pas eu une épouse, une mère, une sœur, une belle-sœur, une amie…, en cours de traitement, en rémission, voire décédée ?

    Non, décidément, le cancer du sein est le plus « vendeur » de tous.

    Que la fête continue !…

     

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